Le rôle et la puissance du mental

Avant de me lancer dans la communication animale, le ne faisait pas partie de mes préoccupations principales. Il était là, il faisait le job et je n’avais pas conscience de son pouvoir. Les premières communications avec les animaux ou plutôt les premières tentatives de communication ont très vite alimenté le doute si facile à exploiter pour lui « tu vois, je savais bien que tu ne pourrais pas y arriver ». Je me suis donc intéressé à ce mental, qui est-il ? Que fait-il ? Et voici le résultat de mes recherches.

Le mental est ce compagnon invisible qui nous suit partout, du matin au soir. Il ne se voit pas, ne se touche pas, et pourtant, il façonne chaque perception, chaque émotion, chaque décision. À la fois outil précieux et source de tourments.

Dès l’enfance, le mental se met à l’œuvre. Il nomme le monde, classe, compare, interprète. Il tisse des liens entre les événements, invente des récits pour donner du sens à ce qui, autrement, ne serait qu’un flux de pensées. Grâce à lui, l’humain dépasse l’instant présent : il se souvient, anticipe, imagine. Il devient capable de construire, d’aimer, de craindre, d’espérer.

Source de l’image info bulle : Tara Winstead 

Cette puissance a un prix

Le papillon
Image de Keli Black sur Pixabay

Car le mental ne se contente pas de refléter la réalité, il la transforme. Il ajoute, retranche, déforme. C’est là où il faut être prudent.

Concernant la communication animale, il faut rester à l’écoute de ses émotions, à l’écoute de son corps, suivre la moindre petite sensation, elles peuvent être olfactives, gustatives, visuelles, sensitives, auditives. Le subtil est d’une importance capitale, car le langage des animaux est beaucoup plus riche que notre simple langage verbal.

Le mental projette sur le monde des peurs héritées, des désirs inassouvis, des . Ainsi naissent ces pensées qui tournent en boucle, ces dialogues intérieurs qui ne s’arrêtent jamais vraiment, ces scénarios catastrophes qui n’existent que dans l’espace intime de l’esprit.

Un message reste sans réponse, et déjà une histoire se construit. Le silence devient une intention, l’absence, une preuve. “Il m’ignore”, “je ne compte plus pour lui”, “j’ai fait quelque chose de mal”. Pourtant, rien n’est réellement arrivé, il n’y a simplement pas de réponse, pour l’instant.

Mais le mental n’aime pas les espaces vides. Il les remplit aussitôt, transformant l’incertitude en scénario, puis le scénario en vérité. Et l’émotion suit, comme si l’histoire était réelle.

Ce mental est omniprésent et perturbant

Dans les conflits, il s’aventure sur un terrain encore plus fragile, celui des intentions. Un mot maladroit, un ton sec, et immédiatement une conclusion s’impose. “Il a voulu me blesser.” Comme si l’esprit de l’autre nous était accessible. Comme si chaque geste portait une volonté claire et dirigée. Un simple SMS peut alimenter ce mental, il n’est pas simple de faire passer une émotion, une expression dans un SMS, il manque le langage corporel, la parole, le face-à-face avec son interlocuteur. Le sens véritable de votre message se perd alors dans ce mode de communication facile mais incomplet.

Là encore, le mental comble ce qu’il ne sait pas. Il interprète, souvent à partir de ses propres peurs, et transforme une hypothèse en certitude. 

Et puis il y a le passé, ce territoire qu’il refuse d’abandonner. Une scène revient, encore et encore. Une phrase, un regard, un moment que l’on rejoue indéfiniment.

Le mental corrige, ajuste, réécrit. Il imagine ce qui aurait dû être dit, ce qui aurait pu être évité. Mais rien ne change. L’événement est définitivement clos, et pourtant, il continue d’exister. Ce qui pourrait être un souvenir devient une boucle.

Dans toutes ces situations, le mécanisme est le même. Le mental ne ment pas volontairement, il interprète, il anticipe, il complète. Il cherche à donner du sens, à réduire l’incertitude, à maintenir une forme de contrôle. Mais dans cette quête, il glisse souvent de la réalité vers la narration, il n’aime pas le vide, il n’aime pas cette réponse simple « je ne sais pas » donc il meuble.

Comment, alors, ne pas s’y perdre ?

Peut-être en développant une forme d’attention particulière, presque une vigilance douce. Il ne s’agit pas de se méfier de chaque pensée, mais d’apprendre à reconnaître leur nature. Sentir ce moment précis où une interprétation se transforme en certitude.

Une formatrice m’avait expliquée que, lors d’une communication avec un animal, la réponse qui arrive dès la fin de la question, voir juste avant la fin, est la réponse de l’animal, pas celle du mental qui s’invite dans cette communication, il n’est pas assez rapide. Dans notre vie de tous les jours, il suffit parfois d’un léger décalage intérieur.

Et s’il avait des solutions pour contrer ce mental ?

Se demander, simplement : “Que sais-je vraiment ?” Et accepter que, bien souvent, la réponse soit incomplète. Que le réel soit plus sobre que les histoires qui en découlent. 

Le mental va probablement continuer à produire ses récits, mais il est possible qu’ils perdent de leur emprise. Qu’ils ne disparaissent pas vraiment, mais qu’ils cessent d’être confondus avec la réalité. Et avec elle, une liberté discrète pourrait naître, celle de ne pas croire chaque pensée qui passe. Rappelez-vous ! Nos croyances ne sont que des stratégies mises en place par notre cerveau pour servir nos valeurs.

Alors, vivre dans l’instant présent est peut-être la solution (comme les animaux, nous sommes d’ailleurs des animaux nous rappelle Pascal Picq) ne s’attacher qu’à la réalité des faits, laisser venir le futur, inutile d’anticiper des situations que seul le mental est en mesure d’imaginer, ne garder du passé, que les bons souvenirs, ceux qui n’ont pas besoin d’être modifiés.

Recommandations

Le mental est un vaste sujet, différents ouvrages et personnalités abordent le sujet avec beaucoup de précision. Je vous livre ici quelques pistes intéressantes.

150 petites expériences de psychologie
Source de la photo Decitre.fr

150 petites expériences de psychologie (Serge Ciccotti)

La psychologie cognitive est une branche scientifique de la psychologie qui étudie les processus mentaux impliqués dans la connaissance, la perception, la mémoire, le langage, le raisonnement et la résolution de problèmes. Née dans les années 1950 avec la « révolution cognitive », elle a profondément transformé la compréhension du fonctionnement de l’esprit humain.

La méditation de pleine conscience de A à Z
Source de la photo Fnac.com

La méditation de pleine conscience (Jean-Yves Bouiller)

La méditation de pleine conscience, ou mindfulness, est une pratique d’attention délibérée et sans jugement à l’instant présent. Issue du bouddhisme, elle a été popularisée en Occident à la fin du XXᵉ siècle par Jon Kabat-Zinn. Elle est aujourd’hui largement utilisée pour la gestion du stress, l’équilibre émotionnel et la santé mentale.

Des médias pour faire connaissance avec le mental

J’ajoute une émission de France TV, à la fois détonante et pleine d’émotions présenté par Frédéric Lopez. Chaque dimanche, il reçoit ses invités à la campagne. Quelque part loin du tumulte, ils se retrouvent le temps d’un week-end. Chaque dimanche, je découvre des belles histoires ou le mental est durement mise à l’épreuve.

Un dimanche à la campagne

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